Logement social en Paca : 151 000 demandes, une sur huit seulement satisfaite

Seule une demande de logement social sur huit est satisfaite chaque année en Provence-Alpes-Côte d’Azur, selon une étude de l’Insee publiée ce mardi. En 2022, la région comptait plus de 151 000 demandes émanant de ménages qui n’habitent pas déjà un logement social.

Deux tours d'immeubles de logements sociaux aux balcons ornés de panneaux colorés rouges, bleus, jaunes et verts
Photo d’illustration – Capture d’écran Google Maps

Une pression plus forte qu’ailleurs en France

Au niveau national, on compte une attribution pour cinq demandes. Dans la région, le délai d’attente moyen atteint 22 mois, contre 16 en France métropolitaine. Les tensions sont plus marquées sur le littoral et dans les grands pôles urbains, et pour les petits logements : une attribution pour dix-huit demandes de studios et T1. Fin 2021, 287 200 ménages vivaient dans un logement social. Cela représente 12,3 % des ménages de la région, contre 15,4 % en France métropolitaine, alors que le taux de pauvreté y est supérieur de deux points.

Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône : de fortes différences

La part de ménages en logement social est de 9 % dans les Alpes-Maritimes, 9 % dans le Var et 16 % dans les Bouches-du-Rhône. L’Insee explique ces écarts notamment par l’urbanisation, les tensions du marché immobilier et l’application de la loi SRU. Les locataires du parc social déménagent peu : 93 % occupaient le même logement un an plus tôt, ce qui limite les places disponibles.

Alexandra Borchio Fontimp veut geler les pénalités SRU

Dans ce contexte, la sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp annonce, dans un communiqué, une proposition de loi pour adapter les obligations de logements sociaux aux capacités réelles des territoires. Elle cite Villeneuve-Loubet, La Gaude et Mandelieu-la-Napoule, où le foncier rare, les risques naturels et les contraintes d’urbanisme limitent la construction.

Le texte prévoit un moratoire de trois ans sur l’aggravation des pénalités des communes déficitaires. Il prévoit aussi une évaluation, avec le préfet, de ce qu’une commune peut réellement construire. Les objectifs seraient adaptés en conséquence, et une commune qui les atteint ne pourrait plus être déclarée carencée. « La loi SRU doit sanctionner le refus de construire, pas l’impossibilité de construire », martèle la sénatrice.

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