
Aux États-Unis, une start-up teste un système inédit : une intelligence artificielle capable de renouveler certains traitements psychiatriques. Une avancée technologique prometteuse, mais qui soulève déjà de nombreuses interrogations dans le monde médical.
Dans l’Utah, une start-up a obtenu une autorisation expérimentale d’un an pour permettre à une IA de renouveler des prescriptions de médicaments psychiatriques, sans consultation directe avec un médecin. Le dispositif est strictement encadré : il ne concerne que des patients stabilisés, déjà suivis, et uniquement une quinzaine de traitements contre l’anxiété ou la dépression. L’objectif est de faciliter l’accès aux soins dans un contexte de pénurie de psychiatres et de délais parfois très longs.
Mais cette expérimentation suscite de fortes réserves. Aucune étude préalable n’a validé ce type de dispositif, et il échappe pour l’instant au cadre classique des dispositifs médicaux, notamment à l’évaluation de la Food and Drug Administration. Les spécialistes pointent aussi le risque d’une médecine trop standardisée, basée sur des algorithmes, sans prise en compte fine des situations individuelles.
Surtout, les psychiatres rappellent que leur métier ne se limite pas à prescrire. L’écoute, l’analyse du comportement et du contexte de vie du patient restent au cœur du suivi. Autre enjeu majeur : la responsabilité. En cas d’erreur, difficile de savoir qui serait mis en cause. Pour autant, beaucoup plaident pour un modèle hybride, où l’intelligence artificielle viendrait en appui des médecins, sans jamais remplacer la relation humaine.