Canicule : pourquoi des morceaux de montagne se décrochent en haute altitude

En haute montagne, les fortes chaleurs accélèrent la dégradation du permafrost et fragilisent certaines parois rocheuses. Le phénomène concerne surtout les secteurs situés au-delà de 2 500 mètres d’altitude.

L’Aiguille du Midi, dans le massif du Mont-Blanc. Photo Pierre Berendes/Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0.

Une glace vieille de plusieurs milliers d’années

Des pans de montagne peuvent se décrocher sous l’effet des fortes chaleurs. En haute altitude, les épisodes caniculaires provoquent un dégel plus profond du permafrost, ces terrains durablement gelés.

Dans les fissures, une glace parfois vieille de plusieurs milliers d’années joue le rôle de ciment entre les roches. « Si on fait fondre la colle des montagnes, des parois rocheuses peuvent se déstabiliser », explique Ludovic Ravanel, géomorphologue et directeur de recherche au CNRS à Chambéry.

Les alpinistes particulièrement concernés

Le permafrost se retrouve généralement au-delà de 2 300 à 2 500 mètres sur les versants nord et au-dessus de 3 000 mètres sur les versants sud. Tous les sommets ne vont pas s’écrouler, mais certaines parois déjà proches de leur limite de stabilité deviennent plus fragiles.

Les alpinistes sont les plus exposés. Certains itinéraires ne sont plus empruntés pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, jusqu’au retour du froid automnal.

Pas d’amalgame à plus basse altitude

En dessous de 2 500 mètres, le lien entre les éboulements et le dérèglement climatique est beaucoup moins évident. Une forte pluie, une légère secousse sismique ou encore les racines des arbres peuvent provoquer le détachement de blocs.