Une foule nombreuse s’est rassemblée ce lundi 19 octobre à midi devant l’hôtel de ville de Nice, comme devant de nombreuses mairies de la région, à l’appel de l’Association des maires de France (AMF), après les violences qui ont émaillé samedi les manifestations contre la vie chère.

« On est en train de saigner le pays »
Dans la foule niçoise, la colère domine. « On est dans un très beau pays, une belle terre d’accueil, et on est en train de saigner le pays, le mettre en feu. C’est inacceptable, inadmissible », lance une Niçoise de 60 ans. « On est pour la liberté, certes, de manifester, mais pas de tuer, de frapper et de dépouiller et de voler les gens qui gagnent à peine le Smic. »
Elle pense aux commerçants pillés et aux policiers pris pour cible : « Mais quelle honte ! J’ai 60 ans, jamais on n’aurait pu penser une seconde qu’un jour la France en serait là. C’est la colère qui parle, c’est même pas la haine, parce que la haine, ça ouvre les portes à la guerre. »
« On aimerait des réponses »
Deux agentes sont venues après avoir reçu un mail professionnel les invitant au rassemblement. « On peut faire une manifestation, mais casser et détruire une ville, je trouve que c’est pas juste, regrette l’une d’elles. Ce n’est pas pour la manifestation, c’est pour voler des commerçants, des personnes qui se sont sacrifiées toute leur vie pour acheter leur magasin. »
Pour elle, la faute est partagée, « que ce soit nous ou les personnes beaucoup plus haut placées ». Mais elle comprend la colère de ceux qui manifestent sans casser : « On aimerait des réponses, mais jusqu’à maintenant on ne les a pas, et c’est pour ça que les personnes sont en colère. »
Samedi, une dizaine de commerces ont été dégradés ou pillés à Nice, selon la préfecture. Le parquet fait état de 85 gardes à vue, dont 40 mineurs.
Un appel lancé depuis Cannes
L’appel national vient de David Lisnard, maire de Cannes et président de l’AMF. Il invite élus et habitants à « condamner ces actes et réaffirmer leur attachement aux institutions républicaines », après l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, des attaques contre des bâtiments publics et des pillages de commerces. À Cannes, les conseillers municipaux se sont réunis sur le parvis de l’hôtel de ville. À Grasse, le maire Jérôme Viaud avait donné rendez-vous place du Petit Puy, tout comme Saint-Laurent-du-Var devant sa mairie.
Du Var aux Bouches-du-Rhône
Dans le Var, des rassemblements étaient prévus à Toulon, La Seyne-sur-Mer, La Garde, La Valette, Sanary, Brignoles ou encore Saint-Raphaël. Dans les Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Salon, Martigues ou Saint-Martin-de-Crau ont aussi appelé à se rassembler.
À Marseille, en revanche, la préfecture a interdit tout rassemblement de midi à 20 heures. Une délégation d’élus de Martigues doit tout de même remettre une Marianne au maire Benoît Payan à 17 heures.
Propos recueillis par Manil Ali-Khodja

