Nice : des milliers de manifestants pour les salaires et le pouvoir d’achat

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Nouvelle journée de grève et de manifestations ce jeudi 5 novembre 2026 dans les Alpes-Maritimes. À l’appel de l’intersyndicale, salariés, retraités, lycéens, étudiants et gilets jaunes ont défilé à Nice et à Cannes pour réclamer des hausses de salaires et des mesures sur le pouvoir d’achat. Selon la préfecture, ils étaient 2 600 à Nice et 360 à Cannes

Photo de Mylinh Deybach (Nice – Place de la gare ville)

Un long cortège de la gare Thiers à Masséna

À Nice, le rendez-vous était fixé à 10 heures devant la gare Thiers. Le cortège a ensuite emprunté l’avenue Thiers, le boulevard Gambetta et la Promenade des Anglais avant de rejoindre la place Masséna, sous un ciel légèrement pluvieux. Enseignants, soignants, cheminots, agents des services publics, artistes, lycéens et étudiants se sont retrouvés dans une ambiance décrite comme bon enfant. Un manifestant a été interpellé pour outrage en fin de parcours.

À Cannes, entre 300 et 500 personnes sont parties de la gare SNCF pour remonter la rue d’Antibes jusqu’aux abords de la mairie, dans le calme.

Salaires, retraites et services publics

L’appel interprofessionnel, porté notamment par la CGT, la CFDT, FO, l’Unsa et la FSU, vise les salaires, les retraites et les services publics, dans le contexte du projet de budget 2027. Dans les collectivités, la CGT Nice Métropole Côte d’Azur dénonce le gel du point d’indice des fonctionnaires et le manque de remplacements dans les services.

Dans le cortège niçois, plusieurs retraités disaient manifester contre la vie chère. « On est là parce que la vie est tellement chère qu’on ne peut plus vivre dignement notre retraite », entend-on. « Tout ce qu’on a aujourd’hui, on l’a gagné dans la lutte, que ce soit en 36 ou en 68 », rappelle un autre manifestant, qui travaillait déjà en mai 68. « C’est difficile de croire qu’une manifestation va changer » les choses, concède un participant, qui estime pourtant que la mobilisation des plus jeunes, la « Gen Z », et leurs « manifs un peu sauvages » font « bouger un peu » les lignes.

Propos recueillis par Mylinh Deybach.

Lycéens et étudiants toujours mobilisés

La jeunesse reste au cœur du mouvement, lancé fin septembre par les lycéens et qui dure désormais depuis plusieurs semaines dans le département. Le 31 octobre, 4 200 personnes avaient déjà défilé à Nice. Ce jeudi, des étudiants de la faculté de Valrose sont venus dénoncer leurs conditions d’études et le manque de moyens de l’université, tandis que des lycéens réclament des changements, notamment sur Parcoursup.

Selon la préfecture, le lycée Pierre-et-Marie-Curie de Menton a été partiellement bloqué dans la matinée : des tirs de mortiers d’artifice ont eu lieu et les forces de l’ordre ont dispersé les jeunes. Un lycéen mineur a été interpellé pour avoir lancé un projectile qui a légèrement blessé un policier. Un blocage partiel a aussi été signalé au lycée Albert-Calmette, à Nice.

Des écoles fermées, peu de perturbations dans les transports

Dans les écoles, la FSU fait état de 30 % de grévistes. La Ville de Nice avait annoncé 10 écoles fermées sur 150 et 58 restaurants scolaires fermés. Côté transports, le réseau Lignes d’Azur a fonctionné normalement en dehors du secteur des cortèges, et peu de TER ont été supprimés.

L’intersyndicale n’écarte pas la possibilité de reconduire les manifestations si les revendications ne sont pas entendues.

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