
Jack Sion, 79 ans, a été reconnu coupable en appel de trois « viols par surprise » commis entre 2009 et 2015. Pendant plus de dix ans, le septuagénaire niçois se faisait passer sur Internet pour un séduisant architecte monégasque afin d’attirer des femmes chez lui.
Jugé en appel devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, Jack Sion a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle, soit dix ans de plus que sa peine prononcée en première instance en 2021. La justice a retenu la qualification de « viols par surprise », estimant que le consentement des victimes avait été obtenu par tromperie.
À l’audience, plusieurs femmes ont raconté l’emprise psychologique exercée par celui qu’elles connaissaient sous le nom d’Anthony Laroche. L’accusé, lui, a toujours assuré qu’il pensait les relations consenties, tout en reconnaissant avoir « joué avec le feu ».
Une fausse identité pour piéger ses victimes
Pendant des années, Jack Sion utilisait ce faux profil d’« Anthony Laroche », un prétendu architecte d’intérieur installé à Monaco. Derrière cette identité fictive se cachait en réalité un retraité niçois de 79 ans. Grâce à des photos volées sur Internet et des échanges parfois très longs avec ses interlocutrices, il avait réussi à séduire de nombreuses femmes sur des sites de rencontres.
Les rendez-vous suivaient ensuite un scénario quasiment identique dans son appartement de la Promenade des Anglais à Nice. Les victimes étaient invitées à garder les yeux bandés avant la relation sexuelle, persuadées de rencontrer l’homme présenté sur Internet.
Un débat judiciaire autour du consentement
Le procès a également relancé les débats sur la notion de consentement et de « surprise » dans les affaires de violences sexuelles. Les avocats des parties civiles ont dénoncé une manipulation méthodique destinée à tromper les victimes jusque dans leur intimité.
La défense, au contraire, a estimé qu’il s’agissait d’une « proposition insolite » mais non imposée. Les avocates de Jack Sion ont notamment soutenu que les femmes avaient accepté une relation avec un homme dont elles connaissaient au moins la voix, contestant ainsi la qualification de viol.