La situation se dégrade encore dans les Alpes-Maritimes. À compter de ce vendredi 14 août, 100 communes du département sont soumises à des restrictions d’usage de l’eau, soit 18 de plus qu’auparavant. Cinq communes sont désormais placées au niveau de crise.

Cannes, Antibes et Grasse en alerte renforcée
Sur les 100 communes concernées, 49 sont placées en alerte sécheresse et 46 en alerte renforcée.
L’alerte concerne notamment Menton, Sospel, Breil-sur-Roya, Tende, Carros ou encore Gattières.
Le niveau supérieur, celui de l’alerte renforcée, s’applique notamment à Antibes, Biot, Cannes, Mandelieu-la-Napoule, Grasse, Mougins, Vallauris, Valbonne et Villeneuve-Loubet.
Des restrictions spécifiques concernent également les activités agricoles, industrielles et artisanales afin de réduire les prélèvements dans la ressource en eau.
Cinq communes au niveau de crise
La situation est encore plus sévère dans le bassin versant de la Cagne. La Gaude, Saint-Jeannet, Saint-Paul-de-Vence et Vence sont placées en crise, le niveau le plus élevé.
Cagnes-sur-Mer est également concernée, mais uniquement pour les usages qui ne sont pas raccordés au réseau d’eau potable. L’eau potable de la commune provenant du bassin du Loup, les usages raccordés au réseau restent soumis au niveau d’alerte renforcée.
Les autres communes des Alpes-Maritimes restent au stade de vigilance sécheresse, en vigueur depuis le 1er juin.
Des nappes très en dessous des normales
Plusieurs indicateurs expliquent ce durcissement. Depuis septembre 2025, le département connaît un déficit de précipitations proche de 17 % et 81 % des nappes surveillées se situent sous les normales saisonnières.
La chaleur accentue encore la pression sur la ressource. L’anomalie des températures a atteint +2,9 °C en juin et +3,8 °C en juillet.
Dans le même temps, la consommation d’eau a progressé de 18 % par rapport à l’année dernière, malgré les restrictions déjà mises en place depuis plusieurs semaines.
68 % des contrôles révèlent des infractions
Les services de l’État annoncent également renforcer les contrôles pour vérifier le respect des restrictions, notamment dans les copropriétés et les hôtels.
Depuis le début des mesures, 60 contrôles ont été réalisés par la DDTM et l’Office français de la biodiversité. Dans 68 % des cas, la réglementation n’était pas respectée. Au total, 41 poursuites judiciaires ont été engagées.
À l’approche du week-end du 15 août, période traditionnellement marquée par une augmentation de la consommation d’eau, la préfecture appelle habitants, touristes, professionnels et collectivités à limiter leurs usages.
Et la situation pourrait encore se durcir. Après plusieurs vagues de chaleur depuis la fin du mois de mai et alors que les Alpes-Maritimes connaissent une vigilance orange canicule prolongée, de nouvelles restrictions sur les prélèvements et la consommation d’eau pourraient être décidées dans les prochaines semaines.
Concrètement, quelles restrictions ?
En alerte, l’arrosage des jardins et potagers est notamment interdit entre 8h et 20h. Le remplissage des piscines privées est interdit et le lavage des véhicules est fortement restreint.
En alerte renforcée, les restrictions se durcissent : l’arrosage des pelouses et espaces verts est interdit, tout comme le remplissage des piscines privées et, sauf exceptions, le lavage des véhicules.
En crise, seules les utilisations prioritaires de l’eau sont préservées et la plupart des usages non essentiels sont interdits.
Les règles précises et les éventuelles exceptions peuvent être vérifiées commune par commune sur VigiEau.