Incendies en Gironde : au Porge, « notre saison est morte », le cri d’alarme d’une école de surf

Les conséquences des mégafeux de cet été continuent de peser lourdement sur l’économie touristique en Gironde. Alors que Sébastien Lecornu était en déplacement ce lundi dans le département pour préparer la reconstruction, les professionnels du tourisme tentent, eux, de sauver ce qui peut encore l’être d’une saison largement amputée.

L’école Skeepskool – Image d’illustration Google Maps

Le Premier ministre a été hué ce matin au Porge, l’une des communes les plus touchées par les incendies de la fin juillet. Il a ensuite quitté la commune sans rencontrer les habitants qui l’attendaient.

Sur le plan économique, le bilan est déjà sévère. Selon le Medef et la Chambre de commerce et d’industrie de Gironde, la fréquentation touristique a chuté d’environ 50 % depuis le début du mégafeu, même si un retour progressif à la normale est observé ces derniers jours.

« On s’est arrêté juste au début de la saison »

Au Porge-Océan, Pierre Vienne, responsable de Skeepskool, l’école de surf de la plage centrale, constate directement les conséquences de cette chute de fréquentation.

Évacuée le 22 juillet, l’école n’a pas pu fonctionner entre le 23 juillet et le 5 août. Une fermeture intervenue au pire moment.

« On s’est arrêté juste au début de la saison », explique Pierre Vienne au micro de l’agence de presse SmartRadio. Après la réouverture, les difficultés d’accès ont encore découragé une partie de la clientèle. Certaines applications indiquaient notamment des routes fermées ou des temps de trajet très rallongés depuis Bordeaux.

À cela s’ajoute la situation du camping municipal voisin, dont une partie accueille des sinistrés. De nombreux vacanciers ont également choisi de déplacer leur séjour vers d’autres destinations. « Ceux-là, on les a complètement perdus », constate le responsable.

Seulement 15 à 20 % de l’activité habituelle

Aujourd’hui, l’école reste ouverte de 9 heures à 19 heures, les moniteurs sont présents, mais les élèves manquent.

« On se retrouve avec quelque chose qui correspond à entre 15 et 20 % de ce qu’on devrait avoir actuellement », estime Pierre Vienne. Pour cette entreprise saisonnière, la période estivale est pourtant décisive : « On travaille sept mois, mais ce mois et demi est crucial. C’est le moment où on gagne de l’argent. »

Pour l’heure, le responsable affirme n’avoir reçu aucune promesse ferme d’aide financière. Il espère néanmoins une prise en compte des pertes liées aux incendies pour permettre à l’entreprise et à ses salariés de passer le cap.

« Notre saison, elle est morte »

Malgré la réouverture, Pierre Vienne ne se fait plus d’illusion sur l’été 2026. « Notre saison, celle-là, elle est morte. Elle n’aura pas commencé et elle ne recommencera pas », tranche-t-il.

L’inquiétude porte désormais également sur les prochaines saisons. Environ 80 % des élèves de l’école proviennent habituellement du camping municipal du Porge. Le responsable craint que certains vacanciers, contraints de changer de destination cet été, ne reviennent pas.

En attendant, l’équipe tente de maintenir son activité avec les quelques clients présents. « On fait tous les efforts possibles pour perdre le moins d’argent et continuer à offrir notre prestation », assure Pierre Vienne. Mais les conséquences se font déjà sentir sur l’emploi : faute d’activité suffisante, certains membres de l’équipe sont partis. « C’est décevant sur beaucoup de niveaux. Le goût est très amer. »