La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement concernée par la nouvelle offensive judiciaire de SOS Racisme. L’association annonce avoir déposé huit plaintes pénales pour discrimination, dont cinq auprès du procureur de Nice et une auprès de celui de Marseille. Les deux autres ont été adressées au parquet de Montpellier. Les professionnels, eux évoquent une mauvaise interprétation.

Ces plaintes font suite à une vaste campagne de « testing » organisée les 24, 25 et 26 juillet 2026 dans des plages privées et des établissements de nuit du sud de la France. Sur les 23 plages privées testées, 16 se trouvaient en Paca : 11 à Nice et Antibes et cinq à Marseille.
Des refus à Antibes, un tarif de 200 euros à Nice
Sur la Côte d’Azur, SOS Racisme affirme avoir constaté plusieurs différences de traitement. À Antibes, des groupes perçus comme noirs ou arabes auraient notamment essuyé des refus d’accès à des transats ou bénéficié de placements moins favorables que le groupe témoin perçu comme blanc.
À Nice, l’association rapporte le cas d’un établissement de nuit où un groupe perçu comme noir s’est vu annoncer la nécessité de réserver une table à 200 euros. Lors du testing initial, le groupe témoin perçu comme blanc s’était vu proposer une entrée à 15 euros avec une consommation.
Des faits sont également dénoncés à Marseille : dans un établissement de nuit, les groupes perçus comme noirs et arabes auraient été refusés au motif qu’ils n’étaient pas des habitués, alors que le groupe perçu comme blanc aurait pu entrer.
SOS Racisme indique que ses plaintes sont accompagnées de vidéos des testings, témoignages, photographies et autres éléments recueillis lors des opérations. L’association, qui prévoit de se constituer partie civile dans chaque procédure, demande désormais que les enquêtes permettent d’établir les éventuelles responsabilités pénales.
Les plagistes contestent les conclusions de SOS Racisme
Du côté des professionnels, Alain Palamiti, président de l’UMIH Antibes–Juan-les-Pins, conteste la lecture faite par SOS Racisme de certaines situations filmées lors des testings. Selon lui, un refus de transat peut notamment s’expliquer par des réservations déjà enregistrées, même lorsque les places semblent encore libres, ou par des contraintes de sécurité et de placement. « Nous sommes tous des commerçants, on accueille tout le monde », assure le restaurateur et plagiste, qui estime qu’un refus ne peut pas, à lui seul, permettre de conclure à une discrimination.
S’il reconnaît que « le racisme existe » dans la société, Alain Palamiti juge ces campagnes de testing injustifiées et reproche à SOS Racisme de présenter comme discriminatoires des situations qui peuvent, selon lui, avoir d’autres explications.