Quel avenir pour le Nissa Rugby ? Relégué par le gendarme financier, le club fait appel

Le Nissa Rugby traverse la crise la plus grave de son histoire. Deux mois après avoir décroché sa montée en Pro D2, le club niçois a été exclu de la compétition par le conseil de discipline de l’A2R, le gendarme financier de la Ligue nationale de rugby. La décision a été rendue vendredi à l’issue d’une audience par visioconférence. Le club dispose de 15 jours pour faire appel — ce qu’il a annoncé dans la foulée.

À l’origine de cette crise : un bras de fer entre le président du club Jean-Baptiste Aldigé et le maire de Nice Éric Ciotti. La mairie avait promis la rénovation du stade Marcel-Volot et une tribune de 1 400 places, avant de reculer. Face au silence répété de l’édile niçois — trois courriers restés sans réponse entre juin et juillet — Aldigé et le président de l’association Patrice Prévot avaient démissionné le 17 juillet, plongeant le club dans l’incertitude à quelques semaines de la reprise.

Eric Ciotti a finalement répondu par courrier à la veille de l’audience, s’engageant à réaliser une tribune permanente de 1 400 places dès septembre 2027 et à maintenir le niveau de subventions actuel — tout en avertissant que chacun devra « assumer les conséquences de ses choix » en cas de refus. Trop peu, trop tard pour éviter la sanction.

Le club, lui, a publié un communiqué officiel. Il réaffirme vouloir préserver ses 850 licenciés, ses 120 salariés et défend le projet de stade de 12 000 places annoncé par la municipalité comme « clé de l’avenir économique du club ». Les actionnaires s’engagent à apporter un effort financier supplémentaire pour accompagner la transition. Si l’appel échoue, le Nissa Rugby serait relégué en Régionale 3 — le 10e niveau du rugby français — effaçant plus de 20 ans de travail collectif.

En cas de relégation définitive, c’est Mont-de-Marsan qui serait repêché en Pro D2. Le président landais Jean-Robert Cazeaux prépare d’ores et déjà sa saison en Nationale « au cas où ».