Sécheresse : les restrictions se durcissent dans les Alpes-Maritimes, la Cagne en état de crise

La situation hydrique se dégrade à grande vitesse dans les Alpes-Maritimes. Deux semaines à peine après un premier arrêté, la préfecture a décidé de serrer encore la vis. À compter de ce samedi, 43 communes sont soumises à des restrictions d’usage de l’eau, contre 30 jusqu’ici. Et pour certains secteurs, le niveau d’alerte le plus sévère vient d’être déclenché.

La Cagne franchit le seuil de crise — le stade maximal — après être restée sous le débit réglementaire pendant plusieurs semaines. Vence, Saint-Paul-de-Vence, Saint-Jeannet, La Gaude et Cagnes-sur-Mer sont directement concernées pour leurs usages non raccordés au réseau d’eau potable. La Brague et les Paillons passent en alerte renforcée, tandis que la Siagne amont rejoint le stade d’alerte.

Les chiffres donnent le vertige : plus de 81 % des nappes phréatiques du département sont sous les normales saisonnières, le déficit de pluie atteint 45 % en juillet, et les températures affichent une anomalie de +3,8 °C. La consommation d’eau a grimpé jusqu’à 30 % sur certains secteurs. Sur le terrain, le Paillon est à sec par endroits, la Brague ne présente plus que quelques flaques.

Pour les services de l’État, la comparaison avec l’été 2025 est sans appel : la situation est jugée bien plus grave qu’à la même période l’an dernier. Et sans pluie prévue à court terme, les débits vont continuer à baisser.

Ce qui change selon votre commune

Stade d’alerte (24 communes) — Siagne amont et aval, bassin du Loup : lavage de voiture et remplissage de piscine interdits, arrosage des jardins et golfs interdit entre 8h et 20h.

Alerte renforcée (14 communes) — Brague (Antibes, Biot) et Paillons : mêmes interdictions, mais l’arrosage des espaces verts est prohibé toute la journée. Les golfs réduisent de 60 % leur arrosage, uniquement la nuit. Douches de plage fermées.

Crise (5 communes) — Bassin de la Cagne : mise à niveau des piscines interdite, arrosage quasiment proscrit, fermeture des centres de lavage ne recyclant pas l’eau.

Les autres communes du département restent en vigilance, sans restriction obligatoire pour l’instant. Mais la préfecture surveille de près les bassins du Loup, de l’Estéron, de la Roya amont et de l’Artuby, qui pourraient être concernés dans les prochains jours.