Meta devant la justice : Instagram rend-il les ados accros ?

Meta est face à la justice américaine ce mardi 18 août. Vingt-neuf États américains accusent le groupe d’avoir conçu Facebook et Instagram pour retenir les jeunes utilisateurs le plus longtemps possible, au risque de favoriser des comportements addictifs. Meta conteste ces accusations.

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Pour Michael Stora, psychologue et cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, les mécanismes utilisés par les plateformes sont pourtant bien connus. Il rappelle toutefois que l’addiction aux réseaux sociaux ou au téléphone portable n’est pas, à ce jour, officiellement reconnue comme une addiction par les grandes classifications psychiatriques internationales.

Des algorithmes conçus pour capter l’attention

Selon le spécialiste, le modèle économique des réseaux sociaux repose sur l’économie de l’attention : plus un utilisateur reste longtemps sur une application, plus celle-ci peut générer de revenus.

Les algorithmes apprennent rapidement ce que chaque utilisateur apprécie et lui proposent ensuite continuellement des contenus similaires. À cela s’ajoutent les notifications ou encore le défilement presque infini des vidéos. Michael Stora évoque des techniques de « captologie » et de « dark patterns », destinées à capter l’attention le plus longtemps possible.

À chaque nouvelle vidéo regardée, le cerveau peut recevoir une petite stimulation liée à la dopamine. À force de répétitions, l’utilisateur s’habitue à ces sollicitations permanentes. Le retour à un environnement sans ces stimulations peut alors être plus difficile et, selon Michael Stora, contribuer chez certaines personnes à une baisse de l’humeur, voire à des symptômes dépressifs.

Les adolescents particulièrement vulnérables

Ces mécanismes peuvent être particulièrement sensibles chez les mineurs. À l’adolescence, période importante dans la construction de l’image de soi, certains contenus peuvent alimenter les inquiétudes liées au physique, à l’alimentation ou au regard des autres. Les algorithmes risquent alors de renforcer les fragilités déjà présentes en proposant toujours davantage de contenus similaires.

Michael Stora estime que Meta connaît parfaitement ces techniques de captation de l’attention et leur capacité à retenir les utilisateurs.

Pour limiter cette dépendance, le psychologue conseille notamment de désactiver les notifications et de tester régulièrement des périodes de plusieurs heures sans téléphone. Mais il estime également qu’une utilisation excessive des réseaux peut parfois révéler un mal-être plus profond qu’une simple difficulté à poser son smartphone.